DE QUOI S'AGIT-IL ?
Début 2025, l’équipe du CDHR a été mise en relation grâce à Maryse Friot et Michel Cabreux de la Société d’Horticulture de Touraine avec le Docteur Jean-Luc Mercier de l'IRBI pour échanger sur le projet FIVALO, du réseau de surveillance des Fourmis Invasives dans les régions du VAl de LOire (FIVALO Projet N° OFB-23-1204, co-financé par l’OFB).
Ce projet, prévu pour deux ans, mais prolongé d’une année en 2026, consiste à identifier, détecter, cartographier les espèces et caractériser le niveau d’invasion de fourmis invasives. Il implique différents partenaires l’Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte (IRBI) de l’Université de Tours, les Conservatoires d’Espaces Naturels des régions Pays de la Loire (CEN PDL) et Centre-Val de Loire (CEN CVL), la FDGDON49, la FREDON Centre-Val de Loire et l’entreprise de service public ENEDIS.
Les échantillonnages réalisés ont permis jusqu'ici d’identifier plusieurs espèces hautement invasives et espèces invasives sur 40 communes des régions Pays de Loire et Centre-Val de Loire :
- Linepithema humile, fourmi Argentine, originaire d’Amérique du Sud,
- Lasius neglectus, fourmi Aztèque, originaire de Turquie,
- Tapinoma magnum, et deux autres espèces proches darioi et T. ibericum
- Monomorium carbonarium, identifiée en 2025, originaire des Açores et envahissant la côte Atlantique
- Technomyrmex albipes, fourmi à pattes blanches.
Ces espèces, notamment les espèces du genre Tapinoma ne sont pas classées invasives car déjà présentes sur le territoire. Le projet a pour objectif de les classer nuisibles en caractérisant les impacts pour les populations.
COMMENT SONT-ELLES DISPERSEES ?
Elles voyagent avec l’Homme, dans les valises, avec les transports de plantes, … Elles suivent également les réseaux de chaleur, notamment dans le milieu urbain, ce qui peut à terme représenter un risque sanitaire fort.
COMMENT LES RECONNAÎTRE ?
-> Vous observez de nombreuses petites fourmis qui rentrent dans vos maisons, dans les moteurs des portails, … ?
Ces espèces forment des colonies très populeuses, appelées « super-colonies ». Par exemple, pour l’espèce Linepithema humile, jusqu'à 20 000 000 ouvrières/ha et 13 000 reines/ha peuvent être comptabilisées !
Elles courent sur les fils électriques, rentrent dans les maisons par les gaines et sortent par les prises électriques.
-> A la différence des fourmis des jardins, elles sont observées plus de 5 semaines au printemps.
-> En écrasant les fourmis, une odeur de beurre rance se dégagent ? Il s’agit d’une fourmi du genre Tapinoma.
-> Elles peuvent présenter un risque d’allergie
UN INVENTAIRE AU CDHR
Dans le cadre de ce projet, des prélèvements ont été réalisés au CDHR fin avril 2025. Jean-Luc Mercier et Louise Belamy de la FREDON Centre-Val de Loire sont venus sur site pour identifier les zones de culture avec présence de fourmis.
L'objectif était double : identifier l'éventuelle présence de fourmis invasives dans nos installations et déterminer la diversité d'espèces.
Sur les 14 prélèvements effectués, 5 genres différents ont été identifiés et 7 espèces au total. Une bonne diversité de fourmis est donc présente sur notre station. Sur toutes les espèces identifiées, aucune n'est invasive ni ne représente de danger à ce jour. Toutes sont relativement communes.La plupart présentent des bénéfices écosystémiques importants.
Parmi elles, on retrouve notamment Tapinoma erraticum sur 5 des prélèvements, sur différentes zones (aire gravillonnée, entre deux serres, dans la Multichapelle). C'est une espèce endémique qui a comme habitat des sols calcaires et secs. Elle est de petite taille, noire, luisante avec des reflets cendrés. Elle a également l'odeur de beurre rance et est très rapide. Toutefois, ses colonies n'excèdent pas 2 000 individus. C'est une espèce nomade qui fait ses nids en surface. Elle fait partie des espèces qui entretiennent les colonies de pucerons ou de cochenilles pour leur miellat.
QUE FAIRE EN PRESENCE DE FOURMIS EN PRODUCTION ?
Différents moyens de lutte ont été testés mais l’efficacité est pour l’instant limitée. Différents projets d’expérimentation sont en cours selon les filières.
Le CDHR, en partenariat avec d’autres structures, a ainsi déposé un projet CASDAR début 2026, pour acquérir des connaissances opérationnelles et mieux gérer l'impact des fourmis dans les systèmes de culture agricoles et en contexte Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures.
Au programme, l'identification et la caractérisation des espèces de fourmis problématiques et/ou invasives dans un premier temps, pour ensuite pouvoir élaborer des stratégies de lutte directes ou indirectes.
QUELQUES CONSEILS POUR CONCLURE :
- Être attentifs aux colonnes de fourmis
- Prendre des précautions si des fissures sont observées sur les murs
- Prévenir pour permettre un recensement, l’identification et envisager la lutte
- Agir en collectif
Un article de Mag'Centre vient de paraître : cliquez ici pour le retrouver!
Ce sujet vous intéresse ou vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous !




